Médecine régénérative et PRP


pharmacien biologiste prépare du PRP

La médecine régénérative, de quoi parlons nous?

Il s’agit d’un domaine émergeant des biotechnologies dont le but est de réparer ou remplacer des tissus ou organes endommagés, détruits ou déficients afin de restaurer leur activité fonctionnelle. Ces nouvelles générations de traitements, le plus souvent issus du vivant, regroupent des procédés parfois extrêmement complexes, comme la création de tissus en laboratoire, mais aussi des interventions plus simples utilisant les propres cellules du patient (cellules dites autologues) prélevées et réinjectées au cours d’une même consultation ou intervention. C’est le cas du PRP, dont nous allons parler aujourd’hui.


Le PRP, qu’est-ce que c’est ?

C’est une abréviation qui signifie Plasma Riche en Plaquettes. Il s’agit, d’un concentré de plaquettes autologues préparé à partir d’un simple échantillon de sang. Une étape de centrifugation permet de séparer les différents constituants du sang en fonction de leur densité et, de récupérer ainsi les plaquettes, qui sont plus légères, avant de les remettre en suspension dans le plasma. Cette préparation est très rapide et le PRP est immédiatement injecté au contact des tissus lésés.


Comment le PRP est-il fabriqué ?

Le sang contient normalement 45% de cellules qui sont les globules rouges, les globules blancs et les fameuses plaquettes, et 55% de plasma qui représente la phase liquide du sang.

La première étape est de prélever le sang du patient selon les modalités habituelles puis de placer le tube de sang dans une centrifugeuse pendant quelques minutes. A la fin de cette étape, le tube comportera deux phases

  • Le plasma contenant les plaquettes en suspension ou PRP: il se situe sur la partie supérieure du tube et sera récupéré pour être injecté

  • Un culot de cellules, comprenant les globules blancs, à l’interface avec le PRP,

  • Les globules rouges localisés dans la partie la plus inférieure du tube en raison de leur plus grande densité.

Pourquoi utilise-t-on les plaquettes ?

Il faut savoir que, chez l’Homme, les plaquettes sanguines sont les premières cellules à intervenir lors d’une lésion tissulaire. Elles servent à arrêter le saignement en cas de lésion d’un vaisseau mais aussi à initier une cascade de réactions qui doit aboutir à la cicatrisation des tissus. Pour cela, elles s’activent au contact du tissu lésé, et libèrent localement un grand nombre de facteurs de croissance ou molécules bioactives capables de différents effets. Elles stimulent ainsi l’angiogenèse (création des vaisseaux sanguins), l’activité des fibroblastes et la production de de matrice extracellulaire Elles ont un rôle protecteur pour certains tissus comme les tendons ou le cartilage en particulier en diminuant l’inflammation.

Les facteurs de croissance des plaquettes sont donc les principes actifs du PRP qui envoient des signaux bénéfiques aux tissus lésés et stimuler leur réparation.


Que peut-on attendre d’une injection de PRP ?

Une injection de PRP réduit de l’inflammation, les symptômes, la douleur et la gêne fonctionnelle provoqués par la lésion.


Quelles sont les pathologies concernées ?

Les mécanismes de réparation étant très similaires au sein des différents tissus du corps humain, les applications du PRP sont très diverses et concernent un très grand nombre de spécialités. Parmi elles, nous retrouvons des pathologies de :

  • L’appareil locomoteur : l’arthrose du genou, de la hanche, de la cheville ou de l’épaule, l’aponévrosite plantaire, les différentes tendinopathies (du tendon d’Achille, tibial, fibulaire, patellaire, épicondylien)

  • L’appareil génital : la maladie de Lapeyronie, la dysfonction érectile ou encore le lichen vulvaire

  • La perte de cheveux (ou alopécie)

  • Les troubles de la pigmentation cutanée

  • Des applications esthétiques (dont la pratique en France reste interdite – nous y reviendrons !)